lundi 23 juillet 2007

MQB aka Machine qui Blogue - METAL GEAR SOLID - "Fais moi sentir vivant !"

J'ai arrêté les jeux vidéo au moment de la génération 32 bits et j'en tire une certaine fierté, vous allez comprendre pourquoi.

J'ai détesté la Playstation première du nom, une saleté de machine d'arrivistes dans tous les sens du terme. Une console qui a démocratisé les jeux vidéo, et qui a pourrit la vie des passionnés. Au fil des mois, des jeux de plus en plus faciles ont envahi la ludothèque de la PSX, au nom de la sacro-sainte explosion du secteur. Non SONY, je ne te remercierai jamais d'avoir permis à autant de jeux médiocres d'envahir notre industrie.

J'ai vu des gens qui ne jouait pas me parler de Crash Bandicoot comme d'un jeu exceptionnel, j'ai vu des joueurs appuyer n'importe comment sur toutes les touches de leur manette pour jouer à Tekken (et le pire c'est que ça marchait assez souvent). J'ai vu des crétins acheter une console pour y mettre d'office une puce dedans et se faire des collections entières de CD copiés de jeux qu'ils n'auront au final jamais eu le temps d'essayer. Ca m'aurait fait chier de coexister avec tous ces idiots, de vivre ma passion au milieu de tout ça. Non, à la place, j'ai pris une belle guitare pour apprendre quelques gros riffs. Et j'en suis fier.

Nous sommes en 2000. A l'époque, je passais des nuits entières chez mon meilleur pote, à refaire le monde et à parler de cette putain de démocratisation du jeu tout en nous rappellant le souvenir des aventures d'un Zelda ou de l'exploration d'un Super Metroid. Je me souviens que quelques années en arrière encore, tout le monde nous regardait de travers parce qu'on passait des nuits entières sur nos consoles chéries, Super Famicom en tête. Ce monde qui osait se moquer de nous a acheté la PSX en masse. Chienne de société de consommation. Puis un matin de février, j'ai rencontré le Boss de tous les Boss. Un tueur à la psyché tourmentée qui n'avait de cesse de vouloir lire dans mes pensées. Son nom : Psycho Mantis. Psycho Mantis et sa dégaine de pantin gothique. Psycho Mantis, marionnette de la mort au visage meurtri caché par un masque à gaz, engoncée dans un costume de cuir noir enlacé par des lanières serrées jusqu'à la douleur. Ses discours sont ponctués par sa forte respiration pour marquer l'esprit de son interlocuteur.

J'ai commencer à regarder mon pote qui avancait doucement dans l'aventure. Je rigolais un peu devant ce jeu dont le héros, un certain Solid Snake avec sa voix de rambo, conversait avec son supérieur, le Colonel Campbell. Et puis je me suis fait prendre comme un gamin, avec cette envie d'y jouer tout simplement.

Metal Gear Solid et son ambiance du feu de dieu. Ses musiques temporisées et entêtantes, son histoire passionnante, servie par des personnages inoubliables à la biographie torturée. Gray Fox, un Cyber Ninja d'une violence implacable, classieux comme un Bruce Lee dans le « Jeu de la Mort ». Sniper Wolf, une femme à la vie volée qui a placé sa destinée dans le viseur de son PSG-1. Un Shaman géant dont la toute puissance cache un valeureux et brave combattant. Un double blond qui vous porte une haine incommensurable depuis sa naissance. Et enfin, le meilleur pour la fin, PSYCHO MANTIS, le démon psy responsable malgré lui d'un parricide qui a damné son existence entière.
La créature de Kojima est d'une monstruosité exemplaire, elle lit dans la memory card et se permet quelques commentaires à l'égard du joueur, « Tu es prudent, le genre à taper dans les pneus de sa voiture avant de conduire » ou « Tu es bien imprudent de ne pas sauvegarder ». En plein combat, elle perturbe la sortie vidéo de la télé qui affiche le canal VIDEO* par intermittence. Mais son intrusion physique dans l'environement du joueur ne s'arrête pas là. Le plus grand bluff de tous les temps arrive au moment où Psycho Mantis vous demande de poser votre manette au sol pour vous montrer l'étendue de son pouvoir télékinésique. Suivant sa volonté, la manette se met à bouger toute seule ! C'est parait tout bête, mais vous n'imaginez pas le choc pour les joueurs qui se sont exécutés sans broncher. Mémorable ! Tout comme la majeure partie du jeu d'ailleurs.

Je ne vous ferai pas l'affront de vous raconter Metal Gear Solid, car ce jeu se ressent et se vit sans concession. Je remercie Hideo Kojima d'avoir mis ce jeu sur mon chemin de joueur blasé. Il m'a redonné confiance, et a ouvert la voie à beaucoup de game-designers. Je suis fier d'avoir attendu un jeu comme MGS pour me remettre au jeu.

* : A la base, Kojima avait choisi d'afficher un écran bleu avec le mot « VIDEO » en gros comme sur la plupart des téléviseurs qui repasse en mode AV. Mais les premiers tests ont montré que les joueurs croyaient réellement que la console avait cessé de fonctionner et s'acharnaient sur la télécommande de leur TV pour changer l'affichage. Le mot « VIDEO » a donc été changé en « HIDEO », clin d'oeil à qui vous savez.

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