dimanche 6 janvier 2008

[Chroniques de l'air du temps] - Thème Jeux vidéo - Partie 2/3 - Quand l'égo du journaliste est plus grand que l'aura du jeu.

[Suite de l'article [Chroniques de l'air du temps] - Thème Jeux Vidéo - Ch. 1 Partie 1 - L'affreuse consensualité.]

À force de commentaires de textes sur l’ampleur de certains titres, j’ai vu des jeux au concept sympathique être élevés au rang de chefs de file parce que certains ont cru y voir le messie. Parce qu’à force de débats stériles, on arrive mine de rien à une certaine médiatisation de tel ou tel titre qui aura alors un court instant de gloire. Comme si, d’une part, le jeu vidéo avait besoin d’être sauvé (de qui ? De quoi ?) et que d’autre part, les gens veulent se trouver des équivalents ludiques à des Mario ou des Another World au moment où il exerce leur profession ou leur passion, c'est à dire maintenant. Certes, il est naturel de trouver de nouvelles références. Il serait même idiot de se contenter de quelques références et de s’y reporter à chaque fois qu’un jeu novateur attise notre curiosité. Il est aussi temps d’admettre qu’en ayant défriché beaucoup de terres vierges, les grands concepteurs ont aussi laissé quelques endroits assez jolis, où des jeux peuvent encore se forger une âme de chef-d’œuvre incontestable. Et puis, pourquoi pas prétendre à une place d’honneur à côté d’un Super Mario Bros ou d’une vaillante épopée à la Ocarina Of Time ? Tout ça est finalement légitime.

Ce qui m’embête le plus, c’est cette époque qui veut que les gens cherchent absolument à découvrir le chef-d’œuvre que personne d’autre avant eux n’aura vu. Tout ça passe par des subterfuges assez fumeux à base de sites obscures, que le commun des mortels n’ira jamais visiter, de blogs à l’esthétique néo-japonisante, et de pages dans des magazines branchés qui se gargarise de leur influence sur la culture dont ils ne font que témoigner. Comme si la grande époque des jeux vidéo était passée sans eux et qu’ils se doivent de rattraper quelque chose qui leur a échappé. J’ai toujours du mal à croire qu’on découvrira un jeu de l’ampleur d’un Super Mario Bros à notre époque. Certains pourront me dire que God Of War est grandiose, qu’il peut revêtir à lui seul l’étoffe des plus grands, mais je pourrais leur répondre que rien n’a été inventé. Au mieux, on pourra prétendre qu’il déterre des concepts puissants et fait preuve d’une vélocité à toute épreuve, mais après. Est-ce qu’il pourra se tenir près d’un Tetris et dire qu’il subsistera à l’épreuve du temps ? Certainement pas.

Et c’est à ce moment qu’une bande d’énervés va arriver et reconnaître que par tous les grands dieux, que ce putain de jeu (GOW) est ce qu’il y’a de meilleur sur la PS2. Et là, encore une fois, on va avoir le droit à tous plein d’explications de sens et de longues diatribes sur le puissant pouvoir de ce genre de jeu à extirper de nos politesses civiques, nos plus bas instincts violents et guerriers. Et tout ça passé à la moulinette des blogs obscurs, gouttes d’encre suintantes sur les pages des magazines élevant la « branchitude » au rang de nouvelle philosphie sociale, ressort en une œuvre révolutionnaire qui assurément réveillera le secteur moribond des jeux vidéo. Bien voyons ...

[Suite et fin de la chronique à lire ici]

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