vendredi 4 janvier 2008

[Chroniques de l'air du temps] - Thème Jeux Vidéo - Ch. 1 Partie 1 - L'affreuse consensualité.

Le contenu devient le contenant …

Il était une période de grâce pour le jeu vidéo, une période d’invention permanente, une créativité qui à l’époque n’était pas autre chose que naturelle. Il est vrai qu’avec le jeune âge, il était difficile d’intellectualiser des choses au concept aussi simple que d’avancer de plates-formes en plate-forme pour arriver au bout du niveau et avancer dans le jeu. Tout ça était d’une évidence si limpide. Tout ça était d’une intelligence si lumineuse qu’on se foutait bien d’analyser ou même de se poser des questions. La jeunesse des jeux vidéo avait quand même du bon.

On allumait la console comme on ouvre une porte interdite, on se lançait à corps perdu dans des aventures pour nous si innocentes qu’on ne pouvait que succomber et avoir sur les lèvres un sourire béat. La messe était dite, et nul besoin d’argumenter des heures et des heures pour savoir qu’un jeu était bon. L’enfance a cela d’exceptionnel, qu’elle peut se permettre d’aimer sans se justifier.

J’ai une fierté certaine à porter en moi la naissance d’un média. Les jeux vidéo.
J’ai grandi comme ils ont grandi à mes côtés. Loin d’être un exemple, mon parcours a tout de même de belles résonances et je garde à juste titre un regard qui me semble éclairé sur cet univers.

Une mauvaise impression empiète mes pensées ces derniers temps. J’ai cette sensation que beaucoup de journalistes, de personnalités très éclairées, et même des joueurs passionnés, attributions qui se retrouvent bien souvent chez les mêmes personnes, s’obligent à verser une certaine quantité de leur passion dans des réceptacles bien vides et ô combien ludiques. Une certaine propension à l’intellectualisation qui tue cette sorte de clairvoyance que tout à chacun possède et qui nous pousse à aimer ou à détester un jeu dès les premières secondes. On assiste alors à une sorte de justification permanente pour se convaincre qu’on aime tel ou tel jeu parce qu’il tient de l’artistique. Cette quête de l’artistique en est même devenue ridicule. Dès qu’un jeu esquisse une démarche artistique tant dans ses graphismes ou sa narration, on se tape le refrain sur l’éternel débat : Est-ce que le jeu vidéo est un art ? Le temps que tous ces gens arrivent à se mettre d’accord, j’aurais déjà fini une bonne poignée de jeux. Mais eux continueront à discuter sur les tenants et les aboutissants du secteur vidéo ludique dans le domaine des arts. Et puis, il y a aussi cette foutue habitude de nous rembobiner la cassette sur le passage des souvenirs d’enfance enfouis jusqu’à présent qui ressurgissent à la surface grâce à tel ou tel jeu qui agite quelques sentiments nostalgiques chez le testeur. Pourquoi ces souvenirs sont-ils d’ailleurs si profondément enterrés ? Peut-être pour laisser place à une soit disante réflexion adulte et mature ? Qui sait ...

[A suivre ... ici même]

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