dimanche 13 janvier 2008

[Chroniques de l'air du temps] - Thème de société - Au-delà des 35h ...

L'extension du champs de compétences comme philosophie. Ou comment une augmentation du temps de travail intelligente permettrait aux gens de s'épanouir dans leur entreprise.

Version éditée :

Tous les débats sur l'augmentation du temps de travail se basent sur une relation conflictuelle entre des patrons "méchants" et des employés "esclaves". Ce qui est malheureusement une mauvaise base. On a toujours cette idée en France que les patrons cherchent à exploiter à tout prix des salariés esclaves jusqu'à la moëlle. Même si Florence Parisot, patronne des patrons renvoie une image biaisée de ceux qu'elle est censée représenter, avec son côté bourgeoise priviligiée à l'abri de tous les problèmes d'argent que la plupart des français rencontrent dans leur vie. Une personnalité qui se permet d'appliquer son niveau de reflexion à une réalité qu'elle ne semble guère cotoyer.

Sincèrement et sans cracher dans la soupe, pour être le témoin de la lassitude qui touche la majeure partie des employés qui n'ont pour la plupart pas choisi leur boulot (On va dire pour faire court, que c'est la vie qui a choisi pour eux), ce débat de plus de travail pour plus d'argent est un faux débat dans la plupart des cas.

Je m'explique.

Ces gens là veulent en foutre de moins en moins et maintenir un certain confort matériel. J'assiste tous les jours à une sorte de fumisterie. Des gens qui disent qu'ils seraient prêts à travailler plus pour gagner un peu plus. Ce que je vois et remarque, c'est que ces gens là, en fait n'en foutent pas une en temps normal, et pensent qu'en étalant encore le peu de choses qu'ils font sur une période plus longue, ils mériteraient plus d'argent.

On devrait expertiser le travail des gens et proposer au cas par cas un surplus de travail.

Ce surplus de travail devrait pouvoir s'appliquer à des personnes dont la vie de famille ne serait pas mise en danger par plus de travail.

Ce surplus de travail devrait pouvoir s'appliquer dans les cas seulement où les gens pourraient étendre leurs compétences. Et là, on parle d'extension de compétences qui serait en accord avec le cursus et les aspirations professionnelles de l'employé. On prendrait bien sûr en compte les projets qui correspondent à la culture d'entreprise.

Par exemple, permettre à un vendeur de faire de la communication (si c'est son désir) en plus de son temps de travail de vendeur. Ou de développer les œuvres sociales au sein de l'entreprise.

Enfin, ne pas appliquer d'extension de temps de travail à des gens qui n'en feront quoiqu'il arrive pas plus. Certes, encore une fois, évaluer l'humain est ce qu'il y'a de plus difficile. On touche aussi à une certaine éthique, mais il est en revanche possible de faire des évaluations qui, croisées avec un bilan de compétences, feraient ressortir les profils les plus prometteurs. Quitte bien sûr à donner une chance aux personnes qui à cause d'une situation de travail difficile, n'ont pu trouver une harmonie entre leur vie personnelle et leur présent professionnel. En d'autres circonstances, certaines personnalités peuvent révéler des trésors de motivation si l'on connait une manière sensé de faire ressortir cet élément mobilisateur.

Tout ça devrait quoiqu'il arrive se faire avec l'accord des salariés et des patrons dans une concertation commune. Que tout le monde prenne ses responsabilités, en toute intelligence et en toute conscience. Il ne s'agit pas de donner plus de temps de travail aux premiers venus (avec ou sans leur avis) mais de donner plus de temps de travail rémunéré aux gens qui en feront bon usage. Et là, on ne se place plus dans une optique de : "Je t'accorde plus de temps pour ton travail actuel", mais dans une optique de : "Je t'accorde plus de temps pour étendre ton champs de compétences et t'apporter un plus, par rapport à ton travail actuel". On aborde alors une politique de ressources humaines, qui se focalise sur l'épanouissement personnel des travailleurs. Il est évident qu'une personne épanouie devient souvent un bon élément dans la chaîne de travail. Encore une fois, en donnant satisfaction à un employé en l'aidant dans un projet professionnel cohérent, le patron obtient souvent satisfaction de ses équipes. On se trouve alors dans un équilibre gagnant / gagnant.

Si on (ré)augmente le temps de travail, de façon intelligente, cela passera par un accord équitable, qui favorise les employés et les patrons. Des employés responsables capables d'étendre leur champs de travail, et des patrons qui sauraient reconnaître la valeur de ces employés responsables.

(crédits photo : Frederick Florin AFP)

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