lundi 26 mai 2008

Two Thumbs Up [La revue ciné de pakupakustory]: "Indiana Jones 4 - Le royaume du crâne de cristal" - Au Viol !

Il est des choses qui ont une ampleur à faire frémir les enfants des années 80. Des films légendaires qui ont bercé nos enfances et empli nos espoirs de belles ambitions. Puis, arrive l'âge adulte empli de désillusions, qui portent un goût amer dans la bouche et vous font mordre la poussière. C'est ça la vie. Et dans toute cette foutue illusion de bonheur, subsistent nos rêves et notre envie de retrouver un peu de notre naïveté. Une vague histoire de complexe de "Peter Pan" paraît-il. Bref.

Je me souviens avoir suivi de loin le projet Indy 4. La suite d'une trilogie légendaire haute en couleur, bourrée d'action, pleine de bons moments, avec une touche de fantastique et de mystique. Le genre de saga qu'on achète en DVD et qu'on range entre ceux de Retour Vers Le Futur et de Star Wars. Puis cette chienne de vie viens vous reprendre vos belles illusions et votre droit à la jouissance infantile. Comme ça, juste parce qu'elle doit aimer voir les gamins que nous sommes pleurer d'avoir perdu leurs jouets fétiches.

Dimanche 25 Mai 2008 - Le jour de l'infamie.

Ça tient du kiff suprême (divinité de d'jeuns), on se prépare mentalement à la séance de l'année. On a assez traîné dans les rues de Paris en bavant devant la sublime affiche dessinée d'un film qu'on attendait plus. Les potes seront là au rendez-vous du papy fouettard chevauchant les mythes et les malédictions bibliques pour le plaisir de tous. Le grand film d'aventure à l'ancienne, avec la maestria d'aujourd'hui. Georges Lucas et Steven Spielberg en chefs d'orchestre de cette fresque grandiose vont probablement nous faire pleurer de bonheur.

Les lumières s'éteignent, le coeur bat. Le logo du studio Paramount apparaît, le pied. Une première scène en forme de clin d'oeil nous fait esquisser un sourire (l'espèce de marmotte / rat sauteur du désert qui sort du petit tas de terre), c'est du tout bon. Course poursuite frénétique en plein désert, le film commence sur les chapeaux de roues. Indiana Jones est parti pour nous faire salir le caleçon !

Le temps s'étirent un peu, les scènes s'enchainent, avec des dizaines de plans inutiles. Un rythme digne d'un cardiogramme de centenaire (Bip ... Bip ... Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip), et une musique anecdotique. Putain, mais qu'est ce que c'est que cette bouse infâme ? Indiana Jones 4. Un scénario qui fait dans le grand n'importe quoi, des moments qui ne servent à rien, un jeune acteur aussi charismatique qu'une moule (Shia La Béouf, un vrai nom de Husky) qui est sensé donner la réplique au grand Harrison Ford. Mais la magie n'opère pas un seul instant. Les moments clés du film tombent à l'eau, font dans le WTF* et on se demande bien si on assiste pas à une farce de vaste envergure. Un canular spécial Geek, qu'on aurait été les seuls à comprendre. Si seulement ...

Ou est passé le souffle épique du film ? Ou est passé son âme ? Surement vendue à ce diable vert qu'on appelle dollars.

Comment, Spielberg et Lucas ont pu cautionner ça. J'imagine les deux génies du cinéma américain en pleine projection test, qui devaient se dire ; "Euh ... c'est moi ou c'est une grosse merde notre film !?".

Le bilan, c'est que je suis déçu, écœuré aussi. Je me sens trahi, comment a t'on pu laisser Indy 4, atteindre nos écrans ? Aujourd'hui, on a pris mon cœur de cinéphile, amateur du bon cinéma pop-corn des années 80, et on l'a déchiré, comme ça sans vergogne.

Dire que je me disais devant tous les clones de ses dernières années (La Momie, Benjamin Gates, Tomb Raider, ...) qu'ils n'atteindront jamais l'ampleur d'un seul film d'Indiana Jones. Dire que je me disais, qu'un jour le grand maître du film d'aventure allait revenir, habillé de cuir sali par le sable, tout balayer sur son chemin. Qu'il allait faire son grand retour tonitruant pour clouer le bec une fois pour toutes à toutes ces pâles copies. Et le pire au final, c'est que je préfère de loin un des deux films de la Momie plutôt que cette merde qu'est Indiana Jones 4.

Qui dorénavant pourra me faire rêver au cinéma ? Peter Jackson, même si son King Kong a été une déception notoire ? Je me pose la question, et je me dis, que c'est surement un signe de l'air du temps. Pour paraphraser un des dialogues d'Indy 4 ; "On arrive à un moment où la vie ne nous donne plus rien, mais nous reprend beaucoup." Aveu ou pas, Lucas et Spielberg avec leur film pour l'idiocratie latente, ont repris un de mes rêves d'enfance. Dans mon cœur, Indiana Jones restera à jamais une trilogie. Dommage.

Shhhhhhhhhhhhhhhi Taaaaac !!!

*What The Fuck ?!

2 commentaires:

Dave a dit…

Ouais Bah, Je te conseil, vu ta sensibilité qui m'a l'air en adequation avec ce genre de filmz dont il n'y a rien a attendre, de lorgner du coté de "Ernst Lubitsch".
Si je puis me permettre...

Doe

Dave a dit…

je voulais dire en "inadequation"

Désolé, toujours pressé...