dimanche 17 juillet 2011

MQB aka Machine qui Blogue - RETRO GAMES - Le (soit-disant) guide essentiel des grands classiques du jeu vidéo, vaste blague !

Alors que j'étais bloqué à Lyon lors d'un récent voyage, je me suis arrêté chez un libraire pour regarder le rayon dédié aux jeux vidéo. Entre les habituels titres de la presse française qui peinent de plus en plus à me faire dépenser mes euros pour lire leurs tests insipides et froids, un titre un peu à part attire mon regard. Imaginez la scène, moi, petit renard presque innocent, je connais pourtant les pièges du retro-gaming. J'en ai traversé des forêts, on peut même dire que je suis un renard averti. Et pourtant, ce jour là, je me suis laissé aller à ma faiblesse. Déjà le piège avait été posé un peu à l'écart. Assez joli, quoique maquillé comme une péripatéticienne avec sa couverture sur fond noir, des gros titres et l'inévitable Pac-Man qui se pose là sur presque une moité de page. J'aurais dû flairer l'arnaque, je vous le dis d'habitude, je navigue assez bien en eaux troubles et je sais éviter ce genre d'attrape-kevins. Journée de faiblesse sans doute ? Qui peut le dire ? Le piège s'est pourtant refermé inexorablement ce jour là. Et pour terminer le prix de 12,90€ TDTC* aurait dû alerter mes sens. Bien non, endormi que j'étais, subjugué par cette masquarade, j'ai été faible. Comme un lapin pris dans les phares d'une voiture en pleine nuit ... Oyez, oyez brave gens, venez écouter le récit des pitoyables aventures du renard et du piège à loup.

L'inévitable Pac-Man devenu un peu trop incontournable ...
Retro Games, ce magazine c'est un peu comme un protituée sapée pour chopper les clients en manque. Et encore magazine est un bien grand mot. Puisqu'il s'agit en fait d'une compilation d'articles sur des jeux légendaires, qui font frissonner la plupart des passionné(e)s. Sans ligne éditoriale véritablement pensée, on est devant un fourre-tout d'articles sans rapport entre eux, ni chronologie particulière. Le genre sommaire tiré au hasard.

Une mise en page prometteuse.
Dans le détail, on s'aperçoit rapidement que c'est une compilation d'articles issus d'une revue anglaise intitulée "Retro Gamer". Outre un problème évident d'originalité, on remarque vite que les articles sont datés et la plupart d'entre eux ont été écrit il y a déjà quelques années. Le référentiel est périmé, et c'est assez pénible surtout quand on à faire aux prédictions des rédacteurs qui ne se sont finalement pas réalisées. De plus, les infos sont très rarement pertinentes, et tout bon retro-gamer qui se respecte n'apprendra malheureusement pas grand chose.

Derrière l'aspect visuel séduisant, des articles écrits (traduits) à la truelle.
Mais le pire surement, c'est la traduction des articles. Des passages en anglais ont été oubliés et n'ont tout simplement pas été traduits. Il y a des moments, on sent que le traducteur a même utilisé Google Translator. Les tournures de phrases sont calamiteuses, et les exemples sont légion. Tiens au hasard qui parle comme ça :

"Faisont vrombir" - Louis-Nicolas Bescherelle se retourne dans sa tombe ...
Vous avez bien lu : "Faisont vrombir le moteur et déboulons sur le circuit". C'est à la page 138, et cette phrase traduite en français "petit-nègre" sert d'intro à la rétrospective Mariokart. "Faisont" ? Comme "ils faisont" ? Que diable, le Bescherelle, c'est pas pour les chiens. Outre des tournures de phrases qui découlent d'une traduction littérale maladroite et des fautes de grammaire dignes d'un élève de primaire, la traduction fait très mal dès qu'il s'agit de transcrire des infos importantes. L'autre gros problème c'est qu'on a l'impression que les traducteurs n'y connaissent que dalle aux jeux vidéo.

Un exemple dans l'article consacré à Metroïd (p.8). Attention ça pique les yeux :

Quelque part dans le monde, un Geek est mort !
"Le jeu est sorti sur la NES (Famicom) avec disque dur le 6 août 1986. Le disque dur externe (Famicom Disk System) est connecté à la fente d'entrée de la Famicom et s'affranchit des disquettes de 3,5 pouces."
Que dire, à part que je reste sans voix devant ce genre d’inepties. Alors, une NES avec un disque dur ? Déjà ça, c'est nouveau. Un Famicom disk qui lit des disquettes de 3,5 pouces ? Un lecteur pirate surement. Là où le bât blesse, c'est qu'en plus d'une traduction calamiteuse, on sent que derrière le rédacteur d'origine ni connaît que dalle. Dans les faits, voilà ce qu'il fallait lire :
Le jeu est d'abord sorti au Japon sur la Famicom (version japonaise de la NES) au format Famicom Disk, le 6 août 1986. Le Famicom Disk se connectait au port cartouche de la console et pouvait lire des disquettes au format "Quick Disk" (Mitsumi) de 3 pouces.
Pour finir sur l'aspect traduction, les auteurs de cette version française ont du coup gommé les noms des rédacteurs originaux. Aucun article ou presque n'est signé. Voulait-on nous faire croire que le magazine a été écrit en France ?

En somme, cette calamiteuse publication n'est qu'un accumulation d'articles sans réelle raison d'être que leur exhaustivité. La mauvaise traduction, le côté anonyme des articles donne une revue assez froide et sans âme. Aux antipodes de la chaleur et de la passion qu'ont retrouve par exemple chez Pix'n Love dès qu'on parle de publications dédiées aux retro-joueurs.

Chouette, une interview de Kojima ! Dommage qu'elle date de début 2008.
Ne vous laissez pas avoir, à presque 13€, cette nouvelle revue n'est qu'un objet de profit pour son éditeur. C'est très dommageable, surtout quand on voit le travail des rédacteurs anglais, même s'ils sont pas toujours au top de la précision au niveau info. Le matériel de base est plutôt bien foutu, à part quelques fautes de goûts, la mise en page est agréable, moderne et richement illustrée.

C'est quand même con, qu'une licence comme Retro Gamer soit tombée entre les mains des gens peu scrupuleux de chez Oracom (des gens à la base spécialisés dans des magazines dédiés au graphisme) qui n'ont même pas pris la peine de respecter leur lectorat et qui affichent ouvertement leur envie de surfer sur la mode du retro-gaming. Courant pas très heureux, surtout quand on voit ce genre de publication. Preuve en est, ce Volume 1 est un hors-série de la revue "Ecrans Home Technologies" (?). Le rapport me direz-vous ? Aucun !

Sachez que les gens qui s'occupent de ce magazine, s'occupent aussi de Retro Games. Et là on comprend tout.
Et le pire c'est que ce n'est qu'un volume 1, ce qui fait peur pour la suite ...

A très bientôt, Space Cowboys !

*Prix TDTC : Total Dans Ton Cul !

Aucun commentaire: