vendredi 18 novembre 2011

MQB aka Machine qui Blogue - STREET FIGHTER 2 - La naissance d'une amitié le pad en main !


- "Quoi !? Un article sur Street Fighter 2 ? Mais tu sais à quoi on s'attaque là ?"
- "Attends un peu, héros sauveur de la galaxie, je ne vais pas parler du jeu, et faire une retrospective ou quoi que ce soit."


- "Comment ça ?"


- "Patron, je voulais qu'on prenne un peu de temps pour que je vous raconte la naissance d'une amitié, autour d'une console et d'un jeu. La Super Famicom et Street Fighter 2"


- "On a encore une petite dizaine de minute avant de retourner sur le pont du grand vaisseau, je t'écoute moussaillon".

Je m'en souviens encore comme si c'était hier, c'était la rentrée en seconde en septembre 1992. Drôle de classe, 27 filles et 4 garçons. Je sais que certains se disent déjà qu'on a eu une sacrée chance, effectivement. Au delà de toutes considérations hormonales, et des pulsions d'un jeune lycéen boutonneux, je me réfugiais pas mal dans les jeux vidéo (au lieu effectivement de me trouver une copine parmi les 27 candidates ...). Ça faisait pas loin de 6 mois que la Super Nintendo était (enfin) arrivée en France, et le gros jeu que tout le monde attendais alors, passé la première vague de 4 premiers jeux (F-Zero, Super Tennis, Super Formation Soccer et Super R-type), c'était bien-sûr Street Fighter 2 !

En 1992, l'objet de tous les fantasmes à prix tabassé !
Street Fighter 2, on le connaissait déjà. Pas forcément parce qu'on ya avait beaucoup joué en arcade mais parce qu’assurément, sa réputation en avait déjà fait le sujet des discussions des passionnés de jeux vidéo. Et évidement, quand le jeu a été annoncé sur Super Famicom, on était tous fébriles et impatients de mettre la main dessus. Les magazines en parlaient à longueur de colonnes et d'articles exclusifs et nous on était comme de la TNT dans la camion du salaire de la peur, prêts à exploser. Un peu comme les boutons qui pointaient sur nos visages de puceaux. Saleté de puberté !

Pour revenir à cette fameuse classe, quand on est avec 3 autres mecs, on fait vite le tour des amis potentiels. Parmi eux, il y'avait un camarade de primaire que je connaissais bien, mais qui ne s’intéressait pas aux jeux vidéo consoles, un autre qui était passionné par l'herbe qu'il faisait pousser sur son balcon et dans sa cave et le dernier, c'était un passionné tout comme moi. Alors on s'est vite retrouvé à discuter en sortant des cours, puis entre les cours et puis pendant les cours même ! C'est quand même chiant un prof qui veut faire son cours et qui ne laisse même pas les élèves parler entre eux. Moi je vous le dis, le respect était déjà en train de se perdre.

Et comme vous vous en doutez, on parlait de Super Nintendo, de F-Zero et puis plus tard de Street Fighter 2. Forcément. De fil en aiguille, il m'a invité chez lui, et puis on a commencé à jouer à Super Tennis. On se montrait nos raccourcis sur F-Zero et on se disputait le record sur Mute City.

Puis un jour, alors que Street Fighter 2 venait de sortir, il m'a dit qu'il avait pu avoir une version import du titre. Et à cette époque, c'était un vrai privilège que d'avoir des jeux en import. Même que les adaptateurs pour faire passer les jeux imports (ou deux porcs sivouplé !) étaient rudimentaires et assez onéreux. On était encore à quelques mois de la sortie du très populaire AD-29.

L'adaptateur qui a permit à beaucoup de joueurs de découvrir l'import Super Famicom !
L'adaptateur de mon pote était de première génération. Certaines boutiques prenaient la puce CIC de la cartouche de Super Mario World PAL et la soudaient à l'intérieur d'un adaptateur qui ressemblait à un prolongateur. Plus tard l'AD-29 reprenait ce principe mais en plaçant une cartouche PAL derrière le jeu import auquel on voulait jouer. Ça coûtait moins cher, et c'était plus simple pour le commun des joueurs.

Et c'est ainsi qu'on a commencé nos affrontements sur Street Fighter 2 ! Et ce fut une véritable découverte. Tout d'abord, c'était la première fois que je jouais avec un autre joueur sur Street 2. Et alors que dans la vie on devenait les meilleurs amis du monde, à l'écran on se bastonnait sévère à coup de Shoryuken et de Hadoken. Tout le monde a connu au moins une fois l'excitation d'un affrontement avec un autre joueur. Jouer contre la console c'est bien, mais un autre joueur c'est tout bonnement divin. On se tire la bourre, on s'insulte parfois, on est souvent de mauvaise foi en accusant la manette de ne pas marcher. Alors on échange les manettes, et on invoque alors une technique qu'on ne maîtrise pas et on prétend qu'on l'avait vu venir et qu'on a pas pu mettre en place une stratégie pourtant implacable. Au pire, on engueule son pote parce qu'il joue pas comme on l'attend et qu'il triche même ! Mais très loin de mettre en péril une amitié, ces moments renforcent souvent les liens.

2 joueurs, et au milieu l'arbitre implacable.
Ces matchs en versus se tenaient un soir par semaine, puis deux soirs, puis ça s'est fini qu'on se tirait la bourre tous les soirs et même le week-end ! Pire que de faire pousser de l'herbe dans sa cave, ce satané jeu était une drogue. Puis après il y'a eu une autre drogue appelé Super Mario Kart, mais c'est une autre histoire ! Tous ces jeux ont développé un lien très fort entre nous. Au point qu'on se retrouve toujours très souvent en dépit de nos vies qui ont pas mal changé pour se faire des nuits blanches dédiées aux jeux vidéo. Les consoles ne sont plus les mêmes, mais l'amitié se distille toujours autour de quelques verres et de pixels lumineux.

L'autre drogue qu'on s'enfilait. Effet garanti des heures entières !
Plus tard dans l'année, mon pote a revendu sa Super Nintendo pour passer à la Super Famicom. Plus besoin d'adaptateur, mais la conséquence directe, c'est qu'on jouait enfin en 60Hz et en plein écran ! Étonnant comme on redécouvre un jeu dès lors qu'on passe du 50Hz au 60Hz. Fini les bandes noires et les sprites écrasés. C'était un autre rythme de jeu, et des petits détails qu'on découvre. Quoi, Guile a les yeux bleus !? Wahou, mais Ryu et Ken, ils sont plus grands en fait ! Et le tout sur la même télé. Loin de moi l'idée de lancer le débat sur le 50/60Hz. Mais j'ai regretté longtemps que Nintendo nous oblige à jouer en 50Hz sous prétexte qu'il y'avait 2% de leur clients qui jouaient avec leur console sur la télé des grands parents qui n'acceptait pas le PAL 60Hz ! Saletés de pauvres, tiens !

Je pourrai en rester là, mais les amis étant les amis, mon pote de lycée m'a donné cet été, sa Super Famicom d'époque et ses jeux Super Famicom dont le fameux Street Fighter II sur lequel on s'affrontait. Cette console m'est précieuse a plus d'un titre car elle représente notre amitié. Les débuts d'une amitié  de 20 ans même. Au point même que j'ai dû rattraper au vol une belle erreur que j'ai faite. Je termine en vous racontant cette petite histoire.

Au mois d'octobre, j'ai revendu une de mes Super Nintendo modifiées (Méthode "un switch" contrairement à ma deuxième Super Nintendo que j'ai switché avec la méthode Super CIC). Et pour faire un lot, j'ai ajouté le jeu Street Fighter 2 que mon ami m'avait donné. Parce qu'à ce moment, je me suis dit que j'allais jamais y retoucher tellement je m'étais usé les doigts dessus (je saignais parfois du pouce à force de Hadoken rageurs !). La console s'est vendue sur ebay, et l'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais vous le devinez maintenant,  j'ai regretté parce que ce jeu en plus de la console, c'était le jeu qui avait scellé cette longue amitié. J'ai un peu attendu, et j'ai recontacté l'acheteur en lui expliquant un peu ce que je viens de vous raconter plus haut. Comme quoi il existe (encore) des gens bien, parce qu'il m'a renvoyé le jeu gratuitement. J'en profite d'ailleurs pour t'adresser plus officiellement un immense merci M'sieur Gérôme et dans les quelques jours qui arrivent un petit colis de jeux pour marquer le coup.

La mise en vente du lot avec le précieux Street Fighter 2 ! Erreur corrigée grâce à la gentillesse de l'acheteur.
Cette petite histoire est dédiée à tous les passionné(e)s, à ceux qui ont connu ce type d'anecdotes et qui gardent ce genre de souvenir quelque part au fond d'eux. Puis aussi, je m'adresse aux parents, le jeu vidéo est loin d'être une plaie, un loisir pour attardés. C'est un formidable moyen d'expression, et un des meilleurs loisir au monde, même si pousser une porte et aller jouer dehors a du bon. Laissez jouer vos enfants, à condition que ça ne devienne pas une cause de renfermement, ça leur laissera toujours de supers souvenirs. Parole de vieux gamer qui n'a pas loupé sa vie !

A très bientôt cher(e)s lecteurs, pour de nouvelles aventures en compagnie de Machine qui blogue !

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